Parution du livre
Traumatisme psychologique
et suicide en Algérie

Pourquoi cet ouvrage ?

Blessures de guerre, inondations, tremblements de terre sont autant d’événements qui
ont affecté en profondeur l’Algérie. Depuis 1990, les séquelles du terrorisme islamiste radical sont palpables. Une telle violence « extrême » prend tout son sens dans l’histoire récente de l’Algérie où l’intime rejoint le politique. Combien de civils algériens en ont pâti ? Difficile d’avoir des données précises. Ne pas prendre en charge les victimes de la violence, c’est aussi rendre « malade » toute une société accablée de pertes et de deuils. À ce titre, un projet d’aide aux victimes peut être conçu tel un levier de guérison de blessures non seulement individuelle mais aussi nationale.

Parfois, des chocs et des souffrances non traitées peuvent conduire jusqu’ au suicide. Mais pourquoi devient-on violent au point de mettre fin à ses jours ? Comment bascule-t-on dans l’extrême ? Existe-t-il des mobiles profonds aux conduites aussi dangereuses que désespérées ? Au-delà des tabous, Chérifa Sider tente d’établir un lien entre le traumatisme psychologique et le suicide en Algérie. Elle s’appuie sur le corpus de données issu de l’enquête « Santé mentale en Population Générale : images et réalités », laquelle coïncide avec la survenue du séisme de Boumerdès, le plus meurtrier dans le pays depuis 1980.

Loin d’être uniquement une œuvre de pure théorie, cet ouvrage est conçu tel un engagement afin de « penser » le changement et d’envisager des actions concrètes dans le domaine de la santé mentale en Algérie.

Chérifa Sider est docteur en Psychologie rattachée à l’Unité transversale de recherche psychogenèse et psychopathologie (UTRPP) de l’Université de Paris-XIII. Elle travaille parallèlement, dans le cadre de la recherche SMPG (enquête santé mentale en population générale), avec le Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (CCOMS-EPSM, Lille).

Photographie de couverture @ Georges A. Bertrand
En couverture, une photo argentique en noir & blanc de Georges A. Bertrand, photographe et historien de l’art, prise au pied de falaises de schiste. Soudain, parmi le chaos pierreux, entre deux parois noires, sévères, presque angoissantes, un jeune arbre aux feuilles printanières, comme si le végétal avait éclos d’entre deux falaises minérales : le mouvement né de l’inanimé. Éternelle renaissance de la vie.

Extrait de la préface du Dr. Jean-Luc Roelandt (Directeur du Centre Collaborateur de l’OMS de Lille)
« Chérifa Sider décrit un drame, le drame algérien, qu’elle resitue dans une perspective historique, sociale, religieuse, anthropologique, mais aussi clinique et épidémiologique. Toutes les approches développées dans cette thèse sont intimement liées. Bien évidemment, la souffrance individuelle ne peut s’analyser sans ses composantes à la fois sociales et politiques. Jamais la question de la santé mentale n’avait été abordée de manière aussi appronfondie auparavant. L’auteure nous propose ici une lecture globale du trouble du stress post-traumatique qui atteint insidieusement une société entière, et sur plusieurs générations, à tel point que l’histoire semble s’acharner répétitivement.

 

Il faut avoir à l’esprit que l’enquête de Santé Mentale en Population Générale (SMPG) menée à Chéraga s’est déroulée dans un contexte difficile où le traumatisme du séisme de 2003 s’ajoute aux multiples séquelles de la guerre civile. Soulignons aussi que la réalisation de cette enquête dans de bonnes conditions nécessitait la paix civile. On ne peut interroger la population sur ses représentations du « fou », du « malade mental », du « dépressif », et puis entrer dans l’intimité des personnes […], sans une liberté totale et inconditionnelle de réponse.

Cette enquête épidémiologique est une « photographie » de l’histoire de l’Algérie à un moment donné où l’intime rejoint le politique. C’est le propre de la santé mentale d’être impactée par les phénomènes sociaux, les guerres, les traumatismes, les adversités pendant l’enfance et toute la vie, la pauvreté, l’exclusion. La santé mentale des populations, disons-le, requiert la construction de conditions de vie optimales, basées sur la conjugaison de volontés individuelle, morale, collective, communautaire, politique et religieuse (si l’on est croyant).

 

Concernée de près par cette problématique, Chérifa Sider a mené une analyse fine de la situation algérienne, tout en maintenant le recul et l’objectivité « nécessaires » pour un sujet aussi sensible. L’auteure montre jusqu’à quel point ce que l’on nomme troubles psychiques chez des individus dépend – bien plus que de la biologie – des histoires de vie, des conditions sociales, mais aussi de l’histoire collective et du degré de démocratie qui œuvrent au bien-être d’un peuple. Elle souligne aussi à quel point, dans ces conditions, les remèdes sont toujours à considérer sur le long terme, de manière transgénérationnelle, avec intelligence, sans concession, et avec le souci constant de définir avec une précision scientifique les causes et les effets des troubles décrits en trouvant les mots justes. »

Parution du livre
Traumatisme psychologique
et suicide en Algérie

Pourquoi cet ouvrage ?

Blessures de guerre, inondations, tremblements de terre sont autant d’événements qui
ont affecté en profondeur l’Algérie. Depuis 1990, les séquelles du terrorisme islamiste radical sont palpables. Une telle violence « extrême » prend tout son sens dans l’histoire récente de l’Algérie où l’intime rejoint le politique. Combien de civils algériens en ont pâti ? Difficile d’avoir des données précises. Ne pas prendre en charge les victimes de la violence, c’est aussi rendre « malade » toute une société accablée de pertes et de deuils. À ce titre, un projet d’aide aux victimes peut être conçu tel un levier de guérison de blessures non seulement individuelle mais aussi nationale.

Parfois, des chocs et des souffrances non traitées peuvent conduire jusqu’ au suicide. Mais pourquoi devient-on violent au point de mettre fin à ses jours ? Comment bascule-t-on dans l’extrême ? Existe-t-il des mobiles profonds aux conduites aussi dangereuses que désespérées ? Au-delà des tabous, Chérifa Sider tente d’établir un lien entre le traumatisme psychologique et le suicide en Algérie. Elle s’appuie sur le corpus de données issu de l’enquête « Santé mentale en Population Générale : images et réalités », laquelle coïncide avec la survenue du séisme de Boumerdès, le plus meurtrier dans le pays depuis 1980.

Loin d’être uniquement une œuvre de pure théorie, cet ouvrage est conçu tel un engagement afin de « penser » le changement et d’envisager des actions concrètes dans le domaine de la santé mentale en Algérie.

Chérifa Sider est docteur en Psychologie rattachée à l’Unité transversale de recherche psychogenèse et psychopathologie (UTRPP) de l’Université de Paris-XIII. Elle travaille parallèlement, dans le cadre de la recherche SMPG (enquête santé mentale en population générale), avec le Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (CCOMS-EPSM, Lille).

Photographie de couverture @ Georges A. Bertrand
En couverture, une photo argentique en noir & blanc de Georges A. Bertrand, photographe et historien de l’art, prise au pied de falaises de schiste. Soudain, parmi le chaos pierreux, entre deux parois noires, sévères, presque angoissantes, un jeune arbre aux feuilles printanières, comme si le végétal avait éclos d’entre deux falaises minérales : le mouvement né de l’inanimé. Éternelle renaissance de la vie.

Extrait de la préface du Dr. Jean-Luc Roelandt (Directeur du Centre Collaborateur de l’OMS de Lille)
« Chérifa Sider décrit un drame, le drame algérien, qu’elle resitue dans une perspective historique, sociale, religieuse, anthropologique, mais aussi clinique et épidémiologique. Toutes les approches développées dans cette thèse sont intimement liées. Bien évidemment, la souffrance individuelle ne peut s’analyser sans ses composantes à la fois sociales et politiques. Jamais la question de la santé mentale n’avait été abordée de manière aussi appronfondie auparavant. L’auteure nous propose ici une lecture globale du trouble du stress post-traumatique qui atteint insidieusement une société entière, et sur plusieurs générations, à tel point que l’histoire semble s’acharner répétitivement.

 

Il faut avoir à l’esprit que l’enquête de Santé Mentale en Population Générale (SMPG) menée à Chéraga s’est déroulée dans un contexte difficile où le traumatisme du séisme de 2003 s’ajoute aux multiples séquelles de la guerre civile. Soulignons aussi que la réalisation de cette enquête dans de bonnes conditions nécessitait la paix civile. On ne peut interroger la population sur ses représentations du « fou », du « malade mental », du « dépressif », et puis entrer dans l’intimité des personnes […], sans une liberté totale et inconditionnelle de réponse.

Cette enquête épidémiologique est une « photographie » de l’histoire de l’Algérie à un moment donné où l’intime rejoint le politique. C’est le propre de la santé mentale d’être impactée par les phénomènes sociaux, les guerres, les traumatismes, les adversités pendant l’enfance et toute la vie, la pauvreté, l’exclusion. La santé mentale des populations, disons-le, requiert la construction de conditions de vie optimales, basées sur la conjugaison de volontés individuelle, morale, collective, communautaire, politique et religieuse (si l’on est croyant).

 

Concernée de près par cette problématique, Chérifa Sider a mené une analyse fine de la situation algérienne, tout en maintenant le recul et l’objectivité « nécessaires » pour un sujet aussi sensible. L’auteure montre jusqu’à quel point ce que l’on nomme troubles psychiques chez des individus dépend – bien plus que de la biologie – des histoires de vie, des conditions sociales, mais aussi de l’histoire collective et du degré de démocratie qui œuvrent au bien-être d’un peuple. Elle souligne aussi à quel point, dans ces conditions, les remèdes sont toujours à considérer sur le long terme, de manière transgénérationnelle, avec intelligence, sans concession, et avec le souci constant de définir avec une précision scientifique les causes et les effets des troubles décrits en trouvant les mots justes. »

« Bâtissons ensemble une Algérie qui soit à la mesure de notre ambition, de notre amour. Nous sommes les Algériens, bannissons de notre terre tout racisme, toute forme d’oppression, et travaillons pour l’épanouissement de l’homme et l’enrichissement de l’humanité »

Frantz FANON, Les Damnés de la terre, 1961

PUBLICATIONS

À propos de Chérifa Sider

Chérifa Sider est docteur en Psychologie rattachée à l’Unité transversale de recherche psychogenèse et psychopathologie (UTRPP) de l’Université de Paris-XIII. Elle travaille parallèlement, dans le cadre de la recherche SMPG (enquête santé mentale en population générale), avec le Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (CCOMS-EPSM, Lille).

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Ce blog est un espace de réflexion, d’émotion et de partage d’idées et de vision.

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